Bonjour à toutes et tous,
Au milieu de la masse d'informations qu'inonde l'être humain, il est parfois difficile de retenir certaines d'entre elles et de faire le tri. Voici donc les trois faits qui ont marqué mon attention cette semaine. Bonne lecture.
- L'Espagne en passe de reconnaître la Palestine : et de trois en trois semaines. Après la Suède (qui l'a fait officiellement fin octobre) et le Royaume-Uni (via une motion de la Chambre des Communes), c'est au tour du Congrès espagnol d'appeler, à une très nette majorité, le gouvernement à reconnaître l'Etat palestinien.
Côté pile: Des débats agitent également le monde politique français et, de son côté, la nouvelle Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a plaidé récemment pour la même reconnaissance. C'est évident, le sujet est de plus en plus abordé en hauts lieux et présenté comme une solution aux conflits qui sévissent dans la région. L'institution d'un Etat palestinien ne peut avoir lieu que si une large majorité des grandes puissances (occidentales) le veulent et poussent pour y arriver. Un Etat permettra aux Palestiniens de bénéficier de droits, mais également de devoirs (on pense là par exemple à une délégitimisation du Hamas). Cela conduira également à un équilibre juste dans la résolution de conflit, le nouvel Etat palestinien se voyant porté au même rang qu'Israël dans le droit international.
Côté face: Le sujet est compliqué (ou du moins est rendu difficile à cerner par certains) et des décisions rapides et non mûries (ou du moins non expliquées) pourraient déboucher sur une radicalisation (encore plus) importante de l'Etat d'Israël envers les Palestiniens, mais également envers ses principaux alliés, Etats-Unis en premier. Cela pourrait conduire à des pressions sur les différentes administrations et à durcir le ton (et le portefeuille) de certains bailleurs de fonds des candidats à l'élection américaine. Cela pourrait également, en fonction des événements à venir et des décisions et déclarations prises (on pense ici à l'actualité récente à Jérusalem), à une montée (encore plus importante) de l'antisémitisme.
- La "dénéerlandisation" de la périphérie : selon une étude réalisée par le Brabant flamand, les communes autour de Bruxelles accueillent de plus en plus d'habitants (12.000 entre 2006 et 2009) dont le néerlandais n'est pas la langue principale (et souvent, pas la langue du tout). Fait non négligeable : ces nouveaux brabançons flamands ne sont pas, dans leur majorité, francophones (comme cela a pu être synonyme de stéréotype pendant des lustres), mais d'origine "étrangère".
Côté pile: En conséquence de l'explosion démographique de la Région bruxelloise (qui ne fait que commencer), une solution pour apparemment plusieurs milliers de personnes est de quitter les frontières régionales de la capitale pour s'installer de l'autre côté du Ring, à une distance convenable (embouteillages exceptés) de leur lieu de travail et de l'école de leurs enfants (en territoire bruxellois) tout en profitant d'un ratio prix/mètre carré plus attractif et en disposant de plus de place. Cela montre, s'il le fallait encore, la grande quantité de liens socio-économiques entre le "centre" et la périphérie. Et d'ajouter de l'eau au moulin à un élargissement de Bruxelles qui, si géré de manière rationelle et pragmatique, permettrait d'harmoniser certaines politiques en matières de mobilité, d'immobilier, de fiscalité, etc.
Cela (pour rassurer les plus sceptiques), tout en préservant la langue néerlandaise. A ce titre, l'étude montre qu'une majorité des nouveaux habitants de la périphérie est déterminée à apprendre la langue de Vondel.
Côté face: Une des raisons pour lesquelles cette étude sort maintenant est manifestement le fait que l'accueil des arrivants, leur parcours d'intégration et les cours de langues qui leur sont dispensés sont des compétences qui, à partir du 1er janvier 2015, passent de la province (ici en l'occurence le Brabant flamand) à la Région flamande. Et qui à la main en Flandre? La N-VA qui non seulement affiche une certaine antipathie envers les francophones, mais qui, surtout, défend bec et ongles tout se qui permet de donner de l'ampleur à une identité flamande.
Un changement de statut de certaines communes flamandes, un rapprochement avec Bruxelles, pourraient se heurter à un dogmatisme flamingant et voir se renforcer les différences entre périphérie et capitale pour (ré)affirmer le caractère flamand de ces communes. On perdrait alors du temps et surtout une occasion (unique?) de redynamiser Bruxelles et les communes.
- La montée en puissance du co-voiturage. La société Uber a réalisé (au moins) deux bons coups de communication dernièrement (même s'il y a eu aussi des râtés) : l'alternative aux taxis en temps de grève et le partenariat avec Brussels Airlines. Si le système de covoiturage est défini comme illégal par le gouvernement bruxellois, il continue néanmoins à être opérationnel, à exercer une pression sur les autorités et à surfer sur cette illégalité.
Côté pile: Cela offre de nouvelles possibilités pour les personnes désireuses de se déplacer en voiture sans conduire. Que ce système soit une menace directe envers les chauffeurs de taxis est évident. Mais au lieu d'interdire un concept qui non seulement existe dans plus de 200 villes, mais également dans lequel Google a investi (et qui donc ne devrait pas finir demain), les autorités (associées aux compagnies de taxis) devraient revoir les services de voiturage, les réformer, les dynamiser, les moderniser. Et associer les sociétés comme Uber afin de proposer une offre globale et éviter de monter les camps les uns contre les autres. D'autant plus que le professionalisme et les compétences de certains chauffeurs de taxis, voire de certaines compagnies en général, laisse plus qu'à désirer pour une ville qui se veut internationale (et capitale de l'Europe).
Côté face: Cela crée (et va créer encore davantage) de mécontentements et de colère dans le chef des chauffeurs et sociétés de taxis avec, potentiellement, des débordements comme en France cette année. La manière dont Uber tente de s'imposer n'est pas pour calmer ces mécontentements car elle paraît comme un passage en force, ne tenant pas compte, voire ne respectant pas du tout, les impacts sur les professionnels du secteur.
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Bon week-end!
RF
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Ce biller a été rédigé en écoutant l'album "Turning" d'Antony & The Johnsons.
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